Renforcer encore le collectif, se développer, développer le réseau de l’Union et la développer sur les réseaux sociaux, apporter plus encore un appui aux militants pour déconstruire le discours managérial
ambiant, les accompagner plus encore dans les entreprises, poursuivre le travail de soutien aux militants en matière juridique, poursuivre le travail d’expertise sur l’intelligence artificielle, se préoccuper toujours plus des conséquences sociales de la transition écologique… Voilà quelques-uns des objectifs, nouveaux ou à poursuivre, de l’union FO-Cadres. Rattachée au secrétariat général de FO, basée dans les locaux confédéraux à Paris, l’Union des cadres et ingénieurs, qui a vu en quelques années une forte progression du nombre de ses adhérents, tient à son ancrage dans la réalité
, rappelait Éric Peres, le secrétaire général de FO-Cadres, lors du XVe congrès de l’Union, se tenant à Arras (Pas-de-Calais) les 4 et 5 décembre derniers. Le secrétaire général de FO, Frédéric Souillot, participait à ce congrès qui a par ailleurs profité de l’expertise en matière d’intelligence artificielle de Jean-Marc Ogier, directeur général de l’école d’ingénieurs CESI. Éric Peres a été reconduit à l’unanimité dans son mandat. Les rapports d’activité et de trésorerie seront adoptés, à l’unanimité aussi. La réalité vécue par les cadres (6,4 millions en 2023 contre 3,6 millions en 2003) serait d’ailleurs bien difficile à oublier signifiait-il, face à un contexte
fait d’inquiétudes
et de mal-être
au travail. Qui n’a pas entendu un collègue dire
En octobre, l’Apec indiquait combien les cadres sont amenés à Je n’en peux plus
?surinvestir dans le travail
, et beaucoup tombent malades. On enregistre plus 20 % de dépressions nerveuses en quelques années. Désormais, sept cadres sur dix disent qu’ils n’ont plus ni autonomie, ni marge de gestion
, notait Éric Peres, glissant aussi que 70 % des cadres passent un jour par semaine à faire du reporting
. Dans l’encadrement, le moral est par ailleurs atteint par une situation de l’emploi à la peine depuis 2023, et parfois un déclassement des emplois. Il y a deux chances sur dix de retrouver un emploi de cadres après cinquante ans
, pointait Éric Peres. FO-Cadres travaille avec l’Apec aux efforts de mise en place de moyens pour le soutien à l’emploi des seniors et des jeunes diplômés (40 000 ont été accompagnés en 2022 par l’Apec). FO-Cadres a par ailleurs publié trois guides d’information (logement, entrée dans la vie professionnelle, parentalité), sans compter un guide juridique.
Dans le privé ou dans le public, on vit la même chose !
C’est d’autant plus important que la part des cadres est passée, selon l’Insee, de 8 % à 22 % entre 1982 et 2022, tandis que celle des ouvriers a reculé, de 30 % à 19 %, indiquait Mickaël Bret (Orano, Fédéchimie FO). Les pressions, la surcharge informationnelle… on connaît ça aussi
, soulignait Agnès Andersen (iD-FO), pestant contre les directives contradictoires, le management paradoxal… Que l’on soit dans le privé ou dans le public, on vit la même chose !
. Listant dans son secteur de l’Éducation nationale les syndicats FO comptant des cadres (iD-FO, Spaseen, syndicat des corps d’inspection), la militante relevait la pertinence du lien créé avec FO-Cadres. La syndicalisation des cadres, c’est stratégique
, insistait de son côté Olivier Brunelle (FO-DGFIP), rappelant les 30 000 postes supprimés en dix-sept ans, soit un quart des effectifs
des finances publiques. Avec des conséquences lourdes. Le
Être cadre aujourd’hui, faire plus avec moins
a ses limites ! Et en particulier pour les cadres, qui sont entre le marteau et l’enclume.c’est souvent juste sur le papier. Et côté salaire… la progression n’est plus au rendez-vous
, pointait Paul Briey (FEC-FO), se félicitant de la relance de FO-Jeunes et rappelant que 54 000 cadres ont moins de trente ans. De son côté, Luc Weinstein (SNITPECT-FO) fustigeait la Smicardisation des ingénieurs dans son secteur avec une perte de 30 % de pouvoir d’achat
. Il faut aussi stopper le culte de l’efficience
, l’idée de gérer le public comme le privé
, et avec les réformes incessantes
qui en découlent (le syndicat FO demande l’arrêt sur une durée de six ans au moins des réorganisations de services).